Les objectifs de la formation

Identification des objectifs de la formation et son adaptation au public 

En appréhendant l’apprentissage de la conduite selon une approche par les compétences, ce dispositif de formation répond aux objectifs du référentiel pour l’Éducation à une Mobilité Citoyenne (REMC). Favorisant l’articulation des savoirs et des savoir-faire aux niveaux supérieurs de la matrice pour l’éducation du conducteur (GDE), il donne aux apprenants les moyens de développer le savoir-être, les attitudes donc, et le savoir-devenir, lié aux compétences d’autoévaluation. On n’apprend pas à conduire seulement en faisant, mais en réfléchissant aussi sur l’action. Cette formation qui doit permettre aux conducteurs novices de valider, sur la base de leurs compétences, les épreuves théorique et pratique de l’examen du permis de conduire, met l’accent sur la construction identitaire du conducteur-citoyen.


Objectifs généraux

Ce dispositif vise à favoriser :

  • L’utilisation rationnelle et en sécurité d’un véhicule à moteur, ce qui implique des habiletés techniques et des aptitudes cognitives.
  • La prise en charge par l’élève de ses responsabilités citoyennes, juridiques et sociales, ce qui suppose des capacités de prise de conscience des facteurs de risques qui dégradent le comportement et les moyens pour y remédier.
  • Le développement de connaissances transversales en lien avec l’autonomie, qui requiert des capacités de gestion systémique des risques et d’adaptation aux situations simples et complexes de l’environnement routier.
  • Le développement de compétences autoévaluatives nécessaires pour un apprentissage durable, qui demande des capacités d’anticipation et d’ajustement de l’action pour vivre et agir ensemble dans l’espace social routier.

Dans cette dynamique de changement, l’évaluation qui cherche à promouvoir les potentiels de l’apprenant joue un rôle formateur dans le processus d’apprentissage.


Description et formalisation du procédé d’évaluation

En soutenant le processus d’autonomie, l’évaluation formative ne sert pas à juger la personnalité de l’apprenant, mais participe à l’enrichissement de ses connaissances. Ne s’intéressant pas seulement à l’idée de rationaliser les pratiques, elle concerne le travail du langage mené par celui-ci pour multiplier les activités de connaissance sur son propre fonctionnement. La connaissance de soi qui offre des leviers d’actions supplémentaires, permet à chacun de réguler sa pratique. Impliquer l’élève dans son processus d’apprentissage est sans conteste une source de motivation, car s’il n’est pas guidé par son désir d’évoluer, il ne pourra ni apprendre ni changer. En privilégiant la communication entre élève et formateur, ainsi qu’entre les élèves eux-mêmes, la pédagogie de l’alternance qui laisse une large place à l’expérience permet à l’apprenant de progresser en fonction de ses besoins. N’étant pas coupé de la réalité, celui-ci arrive à mieux se situer dans son apprentissage. En alternant les phases de conduite réelle et les phases d’échanges, la théorie et la pratique qui s’alimentent mutuellement en interagissant l’une sur l’autre favorisent l’assimilation des connaissances et l’accommodation aux exigences de l’environnement routier. C’est par ce mécanisme d’adaptation que l’apprenant pourra maîtriser les situations dynamiques.

Lecture évaluative du dispositif de formation préparatoire aux épreuves du permis de conduire de la catégorie B

Au début du cycle, l’évaluation de départ a une fonction de diagnostic. À partir des connaissances antérieures, le formateur doit déterminer les besoins en formation de l’apprenant. Ainsi, les débutants bénéficieront d’une organisation de type « logique de novice » spécifiée par la résolution de problèmes. Alors que ceux qui ont déjà une certaine expérience, auront une préparation de type « logique experte » avec des prérequis implicites.

Tout au long du cycle, l’évaluation critériée a une fonction autoévaluative. Permettant au conducteur novice de se repérer dans l’action, les critères sont des outils cognitifs favorisant son implication dans le processus d’apprentissage. Contenus dans le Référentiel d’Activités pour une MObilité Citoyenne (RAMOC), ces critères de qualité travaillent ce que les éclairages ne donnent pas, les gestes, les actes, les attitudes. Ils ont été choisis pour apprécier le niveau de maîtrise et de compétence atteint par le novice dans le domaine faisant l’objet de l’évaluation. C’est dans le va-et-vient entre les critères de réalisation et de réussite que se joue l’autoévaluation. En complétant le référentiel institutionnel, cet outil d’évaluation qui laisse une plus grande marge d’initiative et d’autonomie dans l’appropriation des savoirs favorise l’émancipation de l’élève vis-à-vis de la formation et du formateur.

 Pendant le cycle, les évaluations intermédiaires ont une fonction formative. Les situations simples et complexes filmées pendant la leçon de conduite sont ensuite analysées lors de l’observation différée. Au cours de cette séquence didactique, en recherchant le sens de ses actions, l’élève crée des boucles de régulation. Si certaines favorisent la correction de l’erreur, d’autres encouragent l’élargissement des connaissances. C’est en revenant sur ses activités que l’apprenant accède à sa propre pensée, prenant alors conscience des représentations qui engendrent sa pratique, il réoriente sa façon de la penser. Ce mécanisme qui émerge de la coévaluation avec le formateur et de l’évaluation mutuelle avec ses pairs fait évoluer ses représentations du risque. Soutenant l’apprentissage durable par le développement des capacités réfléchies de l’apprenant, l’évaluation formative assure la régulation continue et différentiée des apprentissages. Elle respecte le principe que chaque apprenant n’a pas les mêmes besoins.

À la fin du cycle, l’évaluation de fin de formation a une fonction de bilan. C’est l’occasion pour le conducteur novice de transférer ses connaissances des situations sources aux situations cibles. Les savoirs qu’il mobilise en situation sont contrôlés en fonction des différences constatées entre ses performances et la norme institutionnelle (bilan de compétences). Dès lors qu’il est capable de s’adapter aux situations occurrentes et de coopérer avec les usagers de la route, il est autonome. Il sera alors présenté à l’examen du permis de conduire.

Objectifs et enjeux

Automatisme et sécurité


Déroulement de la formation et les conditions de passage des épreuves de l’examen

Privilégiant la création de liens entre les différents contenus de savoirs et les interrelations entre élèves et enseignants, ce dispositif de formation qui met l’accent sur l’apprentissage à partir de l’expérience sollicite fortement l’activité mentale. Réduisant le risque de dépendance à l’égard de la formation et du formateur, cet apprentissage actif et constructif développe l’autonomie de l’apprenant. Cette compétence qui est fondamentale pour réussir les épreuves théorique et pratique de l’examen du permis de conduire est nécessaire pour une conduite sûre et en sécurité.

Lecture didactique du dispositif de formation préparatoire aux épreuves du permis de conduire de la catégorie B

Les connaissances générales nécessaires au déplacement-citoyen sont relatives aux trois éléments constituant le système routier : homme-véhicule-environnement. Si le Code de la route organise l’environnement routier, les aspects dynamiques et mécaniques sont en rapport avec le véhicule, alors que les aspects physiologiques, psychologiques, sociologiques, juridiques, ceux relatifs à la santé publique et à l’écologie sont en lien avec le comportement de l’usager. Pour aider l’apprenant à créer des connexions entre les différents savoirs, nous avons suivi le modèle théorique du psychologue John Robert Anderson  (1985, Cognitive psychology and its implications. Freeman : New York) qui distingue trois stades dans l’acquisition des habiletés.

1) Le stade départ ou cognitif

Pour se déplacer en sécurité avec les autres usagers de la route, le conducteur novice doit s’adapter aux exigences du système routier. À cette fin, il doit avoir non seulement des connaissances sur les règles du Code de la route, les notions élémentaires de mécanique, d’écoconduite et de premier secours, mais aussi comprendre le fonctionnement des situations dynamiques générées par l’environnement routier. Les compétences de bases centrées sur les savoirs et les savoir-faire permettent l’analyse et la compréhension des situations de conduite. Le conducteur novice n’apprend pas à conduire seulement en faisant, mais aussi en développant le raisonnement déductif. Les cours théoriques dispensés par le formateur sont nécessaires pour assimiler ces connaissances.
En parallèle, lors des tests d’entraînement à l’épreuve théorique général (ETG) sont abordés deux concepts importants, la gestion du temps et le traitement de l’information. Le temps est un critère discriminant, puisque le candidat n’a que 20 secondes pour répondre à chacune des 40 questions qui s’articulent autour de 10 thématiques en lien avec le conducteur, le véhicule, l’environnement et les notions de premiers secours. Il s’agit de comprendre rapidement les situations de conduite sur lesquelles porte l’interrogation. Ce qui implique des capacités de raisonnement, d’analyse et de synthèse. Car, pour comprendre l’information, l’apprenant doit lui donner du sens en la renvoyant à ses connaissances antérieures. La compréhension est donc une opération de synthèse. Cette aptitude mentale développée lors du traitement de l’information favorise la construction de problèmes et leur résolution. Lorsqu’il est capable de connecter ses savoirs dans le temps imparti, l’apprenant est présenté à l’épreuve théorique générale.

  • Le genre technique

La construction des compétences de base continue avec la découverte du poste de conduite. Puis apprenant à manipuler les commandes, le conducteur novice acquiert les automatismes nécessaires pour maîtriser l’allure et la trajectoire du véhicule. En prévenant l’accident, ses occupations sur la voiture sont d’ordre social, alors que ses préoccupations sont plutôt personnelles.

  • Le genre cognitif

L’apprentissage sensori-moteur qui accompagne l’acquisition des automatismes tend à développer les processus mentaux ou cognitifs de l’apprenant. Les sensations étant provoquées par différentes stimulations de l’environnement routier, l’élève apprend déjà à « regarder où il va » et non l’inverse. Pour éviter la surcharge mentale, il apprend à sélectionner l’information, afin de ne pas encombrer son cerveau d’informations inutiles. A contrario, il doit se rendre compte que la sous-charge mentale peut diminuer son attention en provoquant une déconnexion de l’esprit. Sollicité en fonction des priorités, le processus attentionnel prête toutefois intérêt à d’autres stimulations. Lorsque l’élève est concentré, c’est la vigilance et l’attention soutenue, qui sont mobilisées. Dès lors qu’il effectue une double ou triple tâche (contrôler l’allure et la trajectoire du véhicule, et traiter l’information), l’attention est sélective puisqu’elle est divisée entre plusieurs actions. Ces deux dimensions du processus attentionnel influencent le temps de réaction. Cet intervalle qui s’écoule entre la prise d’information et l’action est évalué à une seconde. Le temps de réaction qui est une contrainte temporelle extrêmement courte sert d’étalonnage à l’échelle temporelle de l’environnement routier. Pour assurer sa sécurité et celle des autres, le conducteur novice apprend à développer des stratégies cognitives, par exemple, planifier l’action par anticipation, ou encore interpréter les intentions des autres usagers et les rendre compatibles avec les siennes. Il doit aussi contrôler ses états émotionnels afin que sa décision ne soit pas altérée par le sentiment de peur ou de colère pouvant alors affecter son jugement. Pour s’adapter aux situations dynamiques, il doit agit dans le feu de l’action.


2)Le stade associatif succède au stade cognitif 

Dans la construction des compétences complexes, le « savoir conduire » se combine au « savoir se conduire ». Si le premier est en rapport avec le genre technique, le second, rattaché à la dimension humaine, suppose des compétences sociales. En effet, pour arriver à destination sans encombre, le conducteur novice doit apprendre à coopérer et à partager l’espace routier avec autrui. Voilà donc ce qui absorbent son esprit. N’ayant aucune alternative, et se retrouvant dans l’impossibilité de choisir entre ses occupations sociales et ses préoccupations personnelles, il apprend à gérer l’équilibre du système routier en adoptant la posture de l’entre-deux, guide et médiateur. À ce stade, le conducteur novice s’étant mesuré à lui-même et aux autres acquiert bien des capacités sociales. En prenant des habitudes, la confiance s’installe. Il pense alors être en mesure de se présenter à l’épreuve pratique du permis de conduire. Or, toutes les connaissances n’étant pas complètement intériorisées, il n’est pas encore autonome.

3)Le dernier stade ou stade autonome

Dans la construction des compétences transversales, l’expertise continue de croître. En variant les supports pédagogiques, nous favorisons le transfert de connaissances (conduite dans les environnements dégradés, conduite de nuit, conduite en montagne, trajets inconnus). Si les conditions ne le permettent pas (neige, verglas, pluie), les conseils de prudence sont revus au travers des notions théoriques. La connaissance étant automatisée, donc machinale, le conducteur novice est capable de faire une double ou triple tâche, par exemple tenir une conversation en conduisant, faire des visions directes sans dévier de sa trajectoire ou encore changer d’intentions sans perdre le fil de la circulation. En utilisant des représentations schématiques et des plans d’actions, ses occupations sont alors réalisées avec un faible contrôle attentionnel, ce qui accroit le traitement de l’information. En ayant conscience des risques, il s’adapte non seulement aux situations dynamiques, mais aussi à l’évolution technologique du véhicule. Par conséquent, il coopère aussi bien avec les usagers que les systèmes électroniques embarqués. En combinant les compétences de base et complexes aux compétences transversales, il conjugue les règles civiques aux règles sociales. Par exemple, lorsqu’il n’a pas la priorité, il a suffisamment d’habileté pour arriver au bon endroit au bon moment. En jouant avec le temps, il évite les arrêts inutiles et par conséquent les démarrages aussi, réduisant ainsi les émissions de CO2. Cette capacité à gérer la pression temporelle permet au problème de disparaître, ou encore le rend évident, donc facile à comprendre. Lorsque le conducteur novice décélère, c’est qu’il a conscience qu’en retardant son arrivée sur l’obstacle, la situation pourrait évoluer en sa faveur. Il sait aussi contrôler les interruptions de tâche sans être submergé par le sentiment d’émotion. Dès lors qu’il maîtrise les situations simples et complexes de l’environnement routier, et qu’il s’adapte à l’expertise des conducteurs expérimentés, dont le savoir-faire est différent du sien, il a donc un comportement autonome. En conséquence, il sera présenté à l’examen du permis de conduire.



Examen du permis de conduire

D’abord, l’épreuve théorique : Questionnaire à choix multiple
40 situations de conduite
Durée : environ 20 minutes
Réussite : au moins 35/40 points
Validité : 5 ans ou invalidé après 5 échecs a l’examen pratique

Après réussite, un délais de 48h est nécessaire avant de pouvoir se présenter à l’épreuve pratique

Ensuite, l’épreuve pratique : Bilan de compétences
6 critères d’évaluation
Durée : environ 30 minutes
Réussite : au moins 20/31 points
Invalidé si : 0/12 points, suspension ou annulation


Ce certificat d’examen tient lieu de permis provisoire durant 4 mois après la réussite de l’épreuve.


Déroulement de l’épreuve pratique


A propos du bilan de compétences


La grille de notation


L’ajournement

Il peut être la conséquence d’une mauvaise gestion de la sécurité ou d’une insuffisance de connaissances

1er cas – mauvaise gestion du risque : l’inspecteur intervient pour assurer la sécurité. Cette faute éliminatoire est cochée dans la colonne rouge « E » et le motif d’ajournement est noté dans la rubrique « observations ».

Dans ce cas, les points ne sont pas totalisés

2e cas – note inférieure à 20 : connaissances insuffisantes. Celles-ci doivent être consolidées avant une nouvelle présentation